Ce soir, sur le chemin menant à l'antre souterraine de déplacement en communauté, la pluie commença à tomber. Devant ce léger désagrement, le petit groupe de personnes constitué de votre serviteur et d'autres spectateurs amateurs de grand écran animé prit une mine déçue et continua à avancer.
Quelques instants plus tard, la pluie se transforma en neige fondue, puis son débit se fit de plus en plus important. Arrivés à la Porte d'Italie, c'était une véritable tempête de neige que nous nous prenions joyeusement dans la figure, le vent de face y étant un peu pour quelque chose.

Après avoir quitté mes camarades, qui prenaient malheureusement un chemin différent, je m'arrêtai quelques secondes, le temps d'immortaliser l'image de ce mur de pureté dressé devant moi, descendant d'un lieu trop lointain pour en voir la genèse.


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Et c'est déguisé en authentique bonhomme de neige que je finis par m'engouffrer dans la bouche de métro, devant les expressions étonnées, parfois ébahies, des personnes s'apprêtant à prendre le chemin inverse du mien. "Faites attention, je crois qu'il neige" dis-je à un jeune homme, qui me répondit d'un sourire chaleureux, chose rare en ces galeries carrelées, et agréable par ce temps gelé.

Je me retrouvai sur le quai, fort d'un bon kilo d'eau cristallisée sur le dos, mouillé jusqu'aux os, toujours l'objet de l'attention des gens alentour.
Le froid m'avait engourdi les doigts, et rafraichi les jambes, cependant j'étais heureux. Un seul événement peut à mes yeux faire de cette sensation désagréable qu'est le froid un moment à ne pas rater, et j'étais là pour le contempler ; pour la contempler.
Les flocons de neige sont les bourgeons de l'hiver, la matière céleste métamorphosant un paysage morne en cadre resplendissant, le sucre glace saupoudrant la ville de sa douceur, de sa gaieté et de son blanc.

Yuki ga kirei. Dai suki ! Yuuki ga furu.