Big Fish
Par Jashugan, lundi 19 avril 2004 à 23:49 :: General - Cinéma :: #466 :: rss
Il est des anti-dépresseurs qui existent sous une autre forme que les pilules ou autres produits pharmaceutiques communs. Certains se présentent par exemple comme une suite d'images qui, assemblées, provoquent un étrange effet optico-neurologique : le plaisir.
Tim Burton est connu pour être un virtuose de la pellicule, poète du grand écran à la touche reconnaissable entre mille. Cependant, il a aussi réalisé des films sur commande, dont l'attrait était bien moindre car répondant à des critères de rentabilité typiquement américains.
C'est donc avec une impression de "une chance sur deux" que le film commence, impression qui est bien vite balayée par la rencontre avec les personnages principaux, le père, conteur de talent, à l'imagination et à la prose débordantes, et le fils, qui ne connait son père que par ces récits rocambolesques.
C'est sur une dispute que commence l'histoire : au marriage de son fils William, Edward Bloom, le père, raconte sa fameuse rencontre avec un poisson-chat aussi rusé que gigantesque, qu'il réussit finalement à capturer le jour de la naissance de son fils. William, qui assiste à la enième audition de ce récit épique , décide de donner son point de vue sur tous ces mensonges à son père. Trois ans plus tard, William et Edward ne se sont toujours pas réadressé la parole, et le jeune Bloom vit en France avec sa femme, Joséphine. Seulement, Edward arrive à la fin de sa vie, et c'est un William décidé à briser ce silence qui revient au chevet de son père. Il devra alors faire le tri entre les affabulations et la réalité dans les descriptions que lui donne son père sur sa vie, dont il peint un tableau invraisemblable et extraordinaire.
Pour ce film, Tim Burton a renoué avec sa ma?trise des atmosphères irréelles et fantastiques, et le film nous entraine dans sa féérie petit à petit. On s'apercoit au bout d'un certain temps que les contes du père prennent de plus en plus d'espace sur la réalité, jusqu'à finir par l'englober. La vie de Edward est une véritable fable, où chaque événemment pourrait se révèler n'être qu'un fait banal de la vie quotidienne faconné par l'orateur qui les expose.
Une frontière ténue entre l'imaginaire et le réel, une ambiance décalée, des musiques de Danny Elfman, tous les éléments caractéristiques des grandes oeuvres de Burton sont présents, ainsi que l'histoire fascinante et émouvante, qui rajoute une petite couche d'un je-ne-sais-quoi optimiste à la vie pendant les heures suivant le visionnage du film.
Un grand film, dont le DVD sera à ranger à coté d'un Edward Scissorhands et d'un Sleepy Hollow.
Humeur : bonne
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