Cinécure (suite)
Par Jashugan, lundi 6 février 2006 à 16:30 :: Cinéma :: #562 :: rss
Et comme promis, voici aujourd'hui la suite et fin des critiques des films du mois passé.
Les films du jour : Jarhead - Orgueil et Préjugés - Un Ticket pour L'Espace - La Véritable Histoire du Petit Chaperon Rouge.
Jarhead - La Fin de l'Innocence: En 1990, Anthony Swofford, jeune Marines de 20 ans, est envoyé sur le front pour la guerre du Golfe. Son bataillon, un des premiers déployés sur place, entame une longue attente face à un ennemi qui ne vient pas.
Jarhead peut être séparé en deux parties distinctes : l'entrainement chez les Marines, et le déploiement dans le désert. Pendant l'entrainement, les images montrées sont celles d'un groupe de snipers dégénérés, qui jouent au dur et rivalisent de bêtise pour montrer qui a la plus grosse. On y suit les rencontres entre les différents protagonistes, leur coté humain et leurs faiblesses, ainsi que la préparation extrême qui fera d'eux des machines à tuer.
S'en suit leur première assignation : la guerre du Golfe. Chargés à bloc, préparés à outrance, s'attendant tous à rentrer dans le vif du sujet, ils constateront amèrement que leur mission est ... d'attendre. L'ennemi n'est pas encore là, et il n'est pas pressé. Il faut alors trouver de quoi s'occuper dans un désert hostile et éloigné de tout : s'entrainer, encore s'entrainer, s'hydrater, réfléchir...
Ce film ne montre aucunement le coté héroique des soldats, mais plutôt comment cela se déroule à l'intérieur. La pression, les camarades, l'entrainement, les doutes, etc.. Une analyse dans le détail. Ce qu'il en ressort, c'est au début une certaine sensation de malaise, un jeune un peu paumé dans un univers malsain et fermé, puis une frustration, celle de ne pas pouvoir faire ce pour quoi on a été entrainé si durement. L'atmosphère générale n'est donc pas très joyeuse, et pas forcément plaisante non plus. Un film bien réalisé, et troublant par son réalisme.
Orgueil et Préjugés: "Dans un petit village d'Angleterre, sous le règne de George III, Mrs. Bennet veut marier ses filles afin de leur assurer un avenir serein. L'arrivée de nouveaux voisins, Mr. Bingley et son ami Mr. Darcy, plonge Jane et Elisabeth dans des affaires de coeur tumultueuses.
Cette dernière découvre l'amour en rencontrant le bel et aristocratique Darcy. Pourtant, tous deux devront passer outre leur orgueil et les mauvaises interprétations qui s'ensuivent avant de tomber dans les bras l'un de l'autre à la grande surprise des Bennet." (Source: AlloCine.fr).
Vous l'aurez compris, c'est une histoire d'amour. Oh non, je ne suis pas allé le voir de mon plein gré, on m'y a trainé. Pourtant, je ne le regrette pas. En fait, ce qui me déplait vraiment dans ce genre d'histoire ce sont les sentiments exacerbés au paroxysme, et les séries de quiproquos et de situations dramatiques censés pimenter le tout. S'il y a bien quelques quiproquos, plus dus à la bêtise humaine qu'à un "manque de bol, vraiment c'est trop bête", ce qui n'est pas un mal, les sentiments quant à eux restent dans la limite du raisonnable. Déjà, le romantisme est noyé dans une notion du pratique omniprésente : la mère de l'héroine, Elizabeth Bennet, ne pense qu'à marier ses filles, coute que coute, et au garçon le plus méritant (c'est à dire riche). Ce qui casse légèrement l'histoire du Prince Charmant. Ensuite, le héros, Mr Darcy, est un autiste notoire : il ne parle pratiquement jamais, est timide, ronchon, et incroyablement élitiste. Deuxième coup dur à l'image du mari idéal.
L'histoire est finalement assez légère, et s'il faut bien quelques petites prises de tête pour contenter mesdames, pas besoin d'aspirine pour atteindre la fin du film. Somme toute un agréable moment.
Un Ticket Pour L'Espace: Le Ticket pour l'Espace est un jeu à gratter organisé par l'Etat pour ralier l'opinion publique à la recherche spatiale et justifier les dépenses encourues. Deux gagnants sont envoyés dans l'espace, sur la station orbitale européenne. Cependant, l'un des deux chanceux semble avoir d'autres projets en tête, et prend la station en otage...
Changement de registre total, cette fois il s'agit d'un film de Kad et Olivier. Au programme, humour absurde et souvent imprévisible, et situations débiles. Si vous avez vu la bande-annonce, une chose est à noter : aucun des vrais gags drôles n'est dedans, donc pas de crainte à avoir, il y a vraiment de quoi rire. Par contre, il faut apprécier le style. Entre le mouton qui pilote un hélico et le film Charlemagne contre les Ninjas (j'irai le voir s'il sort un jour ^^), un certain sens de l'humour absurdo-ridicule est demandé.
En tout cas moi je me suis bien marré. Ce n'est pas un film d'anthologie, pas le meilleur d'humour non plus, mais il vaut son pesant de cacahouètes.
La Véritable Histoire du Petit Chaperon Rouge: Un petit chaperon rouge surpris, une grand-mère ficelée, un loup déguisé, et un bûcheron déchaîné se font face dans la maison à bobinette. La police fait le point sur l'affaire, et interroge un à un les protagonistes de l'histoire. La situation, qui n'avait a priori pas d'équivoque, se révèle bien plus compliquée qu'elle n'y parait.
Encore un film humoristique, mais cette fois-ci en images de synthèse. Premier gros point noir d'ailleurs : ce film est moche, très très très moche. La 3D ressemble plus à celle d'un court-métrage d'étudiant qu'à un film à gros budget. La première étape pour apprécier ce film est donc de passer outre l'aspect graphique. Se dire que c'est un long-métrage amateur peut aider ^^.
Passé cette étape, une autre se présente : le début du film est tout simplement chiant. Indispensable pour la suite, mais sans vraiment d'humour, il ne représente pas très bien la suite, et donne une première impression assez moyenne.
Heureusement, la deuxième partie relève de beaucoup le niveau. Les gags commencent, et c'est un véritable défilé de bonnes idées qui s'enchainent, pour révéler un scénario, si ce n'est grandiose, au moins pas mal intéressant. Chaque personnage possède une histoire propre, dont les tenants et les aboutissants se recoupent avec les pérégrinations des autres protagonistes, pour former un tout complexe et qui se tient bien. Mention spéciale à la grand-mère et l'écureuil, qui sont tout simplement géniaux.
Un crescendo de situations comiques, qui partent de bien bas pour arriver particulièrement haut. A voir.
C'est fini. Peut-être plus de nouvelles quand je retournerai au cinéma.
Vous avez lu tout ça ? Vous êtes bien courageux, moi j'ai pas pu ^^.
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