Dans un futur proche, une équipe de scientifiques a imaginé un nouveau traitement psychothérapeutique : rentrer dans les rêves des patients et les enregistrer afin d'analyser le subconscient. Ils ont à leur disposition une machine permettant de voyager dans les songes, le DC Mini. Toujours en phase de test, le vol de plusieurs de ces machines provoque des remous au sein de l'équipe : utilisés à de mauvaises fins, les DC Mini pourraient avoir des résultats catastrophiques.
Les deux créateurs du DC Mini, le docteur Atsuko Chiba, jeune femme talentueuse, et le Docteur Kôsaku Tokita, mastodonte de génie, parcourent les rêves à la recherche des machines disparues, grâce à l'alter-ego fantasmagorique de Chiba : Paprika.

Paprika

La réalisation du film est à la hauteur des précédents : character design soigné, dessins et animation au top, musique de Susumu Hirasawa (j'ai d'ailleurs trouvé une page intéressante en cherchant des infos sur lui : le thème principal du film gratuit en téléchargement, et ce en toute légalité), et tout plein de bonnes choses. C'est coloré, vivant, avec des décors très fournis et détaillés, et les effets ne sont pas en reste.

Paprika

Sur la mise en scène, comme annoncé plus haut, Satoshi Kon reste fidèle à lui-même, et essaye encore une fois de nous faire perdre nos repères entre la réalité et le rêve, jusqu'à ce que les limites s'estompent. Si dans Perfect Blue ces effets étaient stressants (c'est un thriller après tout), et que dans Millenium Actress cela revêtait un aspect comique, Paprika finit par rassembler les deux opposés, pour un curieux mélange qui fait pourtant mouche. Tantôt inquiétant et tantôt hilarant, l'effet de transition ne laisse jamais indifférent, et réussit même le pari de ne pas perdre les spectateurs en cours de route.

Le scénario, lui aussi, est un vrai bonheur. Sans dévoiler l'intrigue -enfin, à part le résumé juste au dessus, humm-, on peut tout de même dire qu'action et réflexion ne laissent jamais le temps à l'ennui de s'immiscer ne serait-ce que discrètement. En clair, ça bouge, et ça bouge beaucoup. Et quand ça ne bouge pas tant que ça, c'est parce que le film laisse le temps au cerveau d'assimiler tous les pans de scénario dévoilés dix secondes avant.
Là encore bon dosage sur le film, car les scènes d'action ne sont jamais gratuites, et les phases de parlotes jamais rébarbatives, du moins quand les discours sont cohérents, mais je n'en dirai pas plus, chut.

Paprika

Au final, l'ambiance qui se dégage de ce Paprika est quelque chose de très agréable. Histoire accrocheuse, humour omniprésent, mise en scène originale et thème bien exploité, il ne manquerait plus qu'une doubleuse connue, comme par exemple Megumi Hayashibara, pour compléter le tableau. Ah, mais quelle coïncidence ! .... Bon ok, c'est pas très crédible ...
Si vous n'êtes pas allergique aux "mangasses", que vous tolérez l'existence de dessins animés pour les plus de 15 ans, et que vous avez de quoi vous payer un ciné, n'hésitez pas, rajoutez des épices à votre cinémathèque !