Paprika
Par Jashugan, mercredi 13 décembre 2006 à 11:31 :: Cinéma - Manga/Anime :: #630 :: rss
Il y avait longtemps que je n'avais pas fait de critique cinéma. Pas le temps, pas envie, les extraterrestres qui avaient effacé mon post, et autant d'excuses que je trouverai si vous m'en donnez le temps.
Seulement là, il faut en parler, c'est presque un devoir, car il s'agit non seulement d'un des rares films d'animation qui passent en France, du dernier Satoshi Kon, réalisateur de Perfect Blue, Tokyo Godfathers et Millenium Actress, mais aussi tout simplement parce que c'est un grand film.
Pour celles et ceux qui oublieraient de lire le titre des posts avant d'en parcourir le contenu, et qui sont totalement à la masse sur les sorties cinéma des dernières semaines, le film en question est Paprika. Un nom d'épice pour un film haut en couleurs, tant au sens propre qu'au sens figuré, et au goût assez prononcé.

Vous avez vu Perfect Blue et son ambiance de schizophrène psychopathe au bord de la perte de repère entre fiction et réalité ? Vous avez vu Millenium Actress et son mélange entre le réel et le film, l'imaginaire et le souvenir ? Vous avez déjà vu un film de Satoshi Kon ? Si oui, vous ne serez pas dépaysé par les nombreux fondus de décors, les transitions entre plusieurs lieux -voire plusieurs états de conscience- sans rupture, les délires sans queue ni tête juste pour la forme, les univers riches à en faire craquer la rétine, et la folie plus ou moins douce des différents protagonistes. Si non, attendez-vous à en prendre plein la tête.

Dans un futur proche, une équipe de scientifiques a imaginé un nouveau traitement psychothérapeutique : rentrer dans les rêves des patients et les enregistrer afin d'analyser le subconscient. Ils ont à leur disposition une machine permettant de voyager dans les songes, le DC Mini. Toujours en phase de test, le vol de plusieurs de ces machines provoque des remous au sein de l'équipe : utilisés à de mauvaises fins, les DC Mini pourraient avoir des résultats catastrophiques.
Les deux créateurs du DC Mini, le docteur Atsuko Chiba, jeune femme talentueuse, et le Docteur Kôsaku Tokita, mastodonte de génie, parcourent les rêves à la recherche des machines disparues, grâce à l'alter-ego fantasmagorique de Chiba : Paprika.

La réalisation du film est à la hauteur des précédents : character design soigné, dessins et animation au top, musique de Susumu Hirasawa (j'ai d'ailleurs trouvé une page intéressante en cherchant des infos sur lui : le thème principal du film gratuit en téléchargement, et ce en toute légalité), et tout plein de bonnes choses. C'est coloré, vivant, avec des décors très fournis et détaillés, et les effets ne sont pas en reste.

Sur la mise en scène, comme annoncé plus haut, Satoshi Kon reste fidèle à lui-même, et essaye encore une fois de nous faire perdre nos repères entre la réalité et le rêve, jusqu'à ce que les limites s'estompent. Si dans Perfect Blue ces effets étaient stressants (c'est un thriller après tout), et que dans Millenium Actress cela revêtait un aspect comique, Paprika finit par rassembler les deux opposés, pour un curieux mélange qui fait pourtant mouche. Tantôt inquiétant et tantôt hilarant, l'effet de transition ne laisse jamais indifférent, et réussit même le pari de ne pas perdre les spectateurs en cours de route.
Le scénario, lui aussi, est un vrai bonheur. Sans dévoiler l'intrigue -enfin, à part le résumé juste au dessus, humm-, on peut tout de même dire qu'action et réflexion ne laissent jamais le temps à l'ennui de s'immiscer ne serait-ce que discrètement. En clair, ça bouge, et ça bouge beaucoup. Et quand ça ne bouge pas tant que ça, c'est parce que le film laisse le temps au cerveau d'assimiler tous les pans de scénario dévoilés dix secondes avant.
Là encore bon dosage sur le film, car les scènes d'action ne sont jamais gratuites, et les phases de parlotes jamais rébarbatives, du moins quand les discours sont cohérents, mais je n'en dirai pas plus, chut.

Au final, l'ambiance qui se dégage de ce Paprika est quelque chose de très agréable. Histoire accrocheuse, humour omniprésent, mise en scène originale et thème bien exploité, il ne manquerait plus qu'une doubleuse connue, comme par exemple Megumi Hayashibara, pour compléter le tableau. Ah, mais quelle coïncidence ! .... Bon ok, c'est pas très crédible ...
Si vous n'êtes pas allergique aux "mangasses", que vous tolérez l'existence de dessins animés pour les plus de 15 ans, et que vous avez de quoi vous payer un ciné, n'hésitez pas, rajoutez des épices à votre cinémathèque !
Commentaires
1. Le mercredi 13 décembre 2006 à 20:06, par Rubix
Ajouter un commentaire