Je parlais de daemon hier, aujourd'hui place au film en lui-même.

A La Croisée des Mondes : La Boussole d'Or Si vous avez lu le dernier post, vous devez déjà savoir que la Croisée des Mondes est une trilogie en roman de Philip Pullman, décrivant les pérégrinations de la petite Lyra. Faisons un rapide synopsis pour poser l'histoire à proprement parler :

Lyra Belacqua est une jeune fille un peu casse-cou, sûre d'elle, et garçon manqué sur les bords. Elle est la protégée du Jordan College, à Oxford. Toujours fourrée avec les enfants des gitans et des serviteurs, sa vie va de combat de boue en casse-croute sur les toits, entrecoupée de temps à autre par une séance d'éducation au college.
Un groupe d'enleveurs d'enfants, les Enfourneurs, fait bientôt parler de lui dans la région, surtout parmi les gitans, leur cible de prédilection. Lorsque Roger, le meilleur ami de Lyra, se fait enlever à son tour, la petite fille décide de partir à son secours là où la rumeur dit que les enfants sont emmenés : les royaumes du Nord.

Lyra et l'aléthiomètre

Ayant lu le livre, je savais déjà à quoi m'attendre au niveau de l'histoire, je savais d'ailleurs que le premier livre n'est qu'une grosse introduction pour la suite. C'est donc sans trop d'attentes que je suis allé voir le film.
Premières impressions : les acteurs sont bons, les images de synthèse aussi. Dakota Blue Richards, en Lyra, est très convaincante (bien que pas très blonde, comme le livre la décrivait, tant pis). Les acteurs connus ne sont que peu représentés à l'écran, mais tout cela est bien normal, ils auront une place plus importante par la suite. Si suite il y a.

Lord Asriel

Car si l'ensemble est plutôt de bonne facture, quelques points viennent noircir le tableau. Tout d'abord, le réalisateur. Chris Weitz, avec ce film, est passé à la vitesse supérieure. Réalisateur auparavant d'American Pie, il se lance maintenant dans le block-buster à gros budget bourré d'effets spéciaux. Et si dans l'ensemble le pas est bien franchi, il reste un gros problème à résoudre : l'introduction des nouveaux protagonistes.
Ce qui est dommage dans le premier film d'une trilogie, censé faire découvrir le panel des personnages qui évolueront par la suite, c'est bien de rater leur apparition. Hors dans ce film il n'y a pratiquement qu'un seul type d'arrivée : le cheveu sur la soupe.
Que ce soit Serafina Pekkala, Mme Coulter, ou les gitans dans leur ensemble, tous semblent jetés à l'écran comme autant de nouvelles têtes à retenir très vite, tellement qu'en quelques plans leur présence est un acquis de longue date.

Lord Faa, chef des gitans, et Lyra

Ce qui ne serait pas trop grave en soi, une fois la première partie du film écoulée, et les personnages bien en place, est malheureusement secondé d'un scénario quelque peu chaotique.
Non non, je ne tombe pas dans le fameux piège ce n'est pas comme dans le livre, alors ce n'est pas bien, c'est un peu plus problématique : le scénario est incohérent. C'est assez compliqué à exprimer sans révéler l'intrigue, et donc je ne donnerai pas d'exemple, mais si l'omission dans l'adaptation de certains passages du livre est une plutôt bonne nouvelle, d'autres remaniements s'expliquent difficilement.

Combiné avec ce problème de personnages, le film laisse une impression de travail expédié à la va-vite, où les divers événements ont été travaillés indépendamment les uns des autres, et dont l'assemblage s'est fait dans la douleur.
Même s'il reste agréable à suivre, ce film m'a fait l'effet d'une petite déception. Un travail presque fini, où seules quelques petites retouches par ci, par là, donneraient un bien meilleur cachet à l'ensemble.
Je vous recommande tout de même d'aller le voir, ne serait-ce que pour que les producteurs se décident à financer la suite, car elle s'avère bien plus riche et intéressante. Et si Chris continue à faire des progrès, cela pourra donner quelque chose d'intéressant :).

Lyra et Lee Scoresby

NB : les images officielles sont vraiment pourries, pas même une seule scène d'action ni une image de synthèse pour montrer que ce n'est pas un film contemplatif d'art et d'essai Tcheco-roumain ou Bielo-slovaque. Tant pis, ce sera la surprise quand vous irez le voir :).