Dragonball Evolution
Par Jashugan, vendredi 3 avril 2009 à 15:08 :: Cinéma :: #762 :: rss
On penserait de prime abord que faire une critique sur le récent film de Dragonball est facile, tant les avis sont unanimes. On s'y met donc de bon coeur, la tête prête à générer des jeux de mot caustiques et fort à propos, la plume virtuelle remplie de fiel et de virulence face à ce viol collectif des souvenirs de notre enfance par une bande de pseudo-créatifs même pas capables d'atteindre le niveau d'un Uwe Boll moyen.
On se motive donc, on se remémore ces instants inoubliables qui nous ont tant fait rire ou pleurer deux jours auparavant, et là, c'est le drame. Rien.

J'ai eu beau me triturer la tête dans tous les sens, chercher à extraire le fil directeur de ces 1h20 d'images passées à la suite avec du son par dessus, je ne me suis souvenu de rien de consistant.
Et c'est là que je me suis réellement souvenu : il n'y a en effet RIEN de consistant. Ouf, mes neurones vont bien, ce sont juste les effets du choc post-traumatique.
Le principal intérêt de la sortie de ce film était qu'elle tombait le 1er Avril. Nous nous sommes donc fait un bon gros poisson en allant le découvrir le jour même, et attendons maintenant le vrai film. Ah, on me souffle dans l'oreillette qu'il n'y a pas de vrai film, ou plutôt qu'il n'y en a jamais eu de faux. Mince, la fausse bande-annonce du film de Zelda de l'année dernière était mieux réalisée ...

Petit synopsis, on ne sait jamais, ça pourrait en intéresser certains : Il y a 2000 ans, Piccolo, un méchant très très méchant et puissant, aidé de son acolyte Oozaru, a attaqué la Terre, allant presque jusqu'à annihiler l'humanité. C'est alors que 7 grands sages utilisèrent leurs pouvoirs afin d'enfermer ce démon dans une jarre. Deux mille ans plus tard, maintenant donc pour ceux qui suivent, Piccolo revient, et il n'est pas content.
Son Goku, jeune lycéen maltraité par les grosses brutes de son établissement, cherche à draguer ChiChi, une étudiante canon. Alors qu'il rentre chez lui, il découvre son grand-père mourant, agressé par le vil Piccolo. Il apprendra alors que lui seul possède les pouvoirs nécessaires pour affronter Piccolo, et partira en quête des dragonballs.
Mine de rien, j'ai déjà spoilé la moitié du film. Sans déconner. Dans la suite, on découvrira Bulma, Yamcha (un asiatique blond décoloré avec un gros 4x4, qui ne sait pas se battre, ouch les souvenirs), Roshi (Tortue Géniale, aka Chow Yun Fat, mais que faisait-il paumé dans ce flim ?), et c'est tout en fait. Pas de Krilin, Oolon, ni aucun autre personnage secondaire. Vu la gueule de ceux déjà présents, ce n'est peut-être pas un mal.

La question qui brûle véritablement les lèvres des anciens fans nouvellement tétanisés à la vue des bandes-annonce diffusées sur internet et au cinéma, cette question c'est : qu'est-ce que ça peut bien donner un film sur Dragonball réalisé par des Américains ?
Eh bien, ce film est une sorte de mélange incongru entre un très mauvais film de kung-fu, un très mauvais film de drague lycéenne, et un exécrable film de science-fiction. Un Highschool-Karate-kid of the Future 3, Revenge of the Greenless Namek, en quelque sorte.
Les amateurs de nanar pourront y découvrir avec joie des cascades avec cable de toute beauté, des répliques cultes, et des effets spéciaux fabuleux. Les gens normaux, eux, verront avec horreur leurs yeux fondre, leurs oreilles imploser, et s'ils avaient par malheur quelques souvenirs de la série originale, leur cerveau se liquéfier et couler par la bouche à chaque nom connu cité et associé par là-même à un instant nostalgique n'ayant rien à voir avec les images proposées, entrainant par conséquent une division mentale par zéro.

Mention spéciale au Kamé Hamé Ha (bien respecter les espaces), qui n'aura jamais été aussi utile : allumer les bougies, les souffler, réveiller les morts et donner des coups de boules, mieux que les couteaux Ghinzu et un assortiment Slap Chop réunis, il sait tout faire. Sauf des dégats en fait, mais on ne peut pas tout avoir non plus, c'est la vie.
Disons-le franchement, si vous n'avez pas eu l'occasion d'y aller le jour de sa sortie et de vous marrer ensemble au milieu d'une salle à l'état d'esprit proche d'une diffusion du Rocky Horror Picture Show, n'allez jamais le voir.
Et si vous allez le voir quand-même, bande de petits curieux morbides, restez jusqu'à la fin du générique. Vous pourrez y apprécier les quelques instants annonçant ... la suite ! N'est-il pas trognon dans sa petite couette ? Guili guili !
Commentaires
1. Le vendredi 3 avril 2009 à 17:34, par raton-laveur
2. Le samedi 4 avril 2009 à 12:33, par Toulal
3. Le lundi 6 avril 2009 à 17:20, par Mikomi
4. Le lundi 6 avril 2009 à 18:40, par Jashugan
5. Le jeudi 16 avril 2009 à 15:02, par Ollivier
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